Les pharmaciens s’efforcent de combler les lacunes d’un système de soins de santé surchargé



Certaines provinces envisagent d’assouplir les réglementations, permettant aux pharmaciens d’étendre leurs fonctions en cas de pandémie.

Certains pharmaciens canadiens affirment qu’ils ont du mal à combler les lacunes d’un système de soins de santé surchargé, ce qui les amène à s’occuper de nombreux patients qui souhaitent éviter les cliniques médicales et les urgences.


« Je dois tout faire: du pansement d’un patient qui s’est ouvert la tête et qui ne veut pas se rendre aux urgences à la prise en charge de quelqu’un qui a des envies de suicide. Et ce n’est que moi. Mes collègues ont beaucoup d’histoires à raconter », a déclaré un pharmacien torontois, Kyrollos Maseh.


M. Maseh a ajouté qu’il fait appel à sa formation complémentaire dans des domaines tels que les premiers secours et la psychopharmacologie pour aider des patients qu’il enverrait normalement aux urgences, car les pharmaciens ne sont généralement pas formés pour faire ce genre de choses.

Assouplissement de la réglementation

Malgré les problèmes causés par la pandémie, de nombreux pharmaciens se disent prêts à en faire plus, et il semble que cela pourrait certainement arriver.

Certaines provinces commencent à assouplir la réglementation sur ce que les pharmaciens peuvent faire sans l’autorisation des médecins.

Toujours en réponse à la COVID-19, Santé Canada a assoupli les restrictions concernant les médicaments et les narcotiques contrôlés comme le fentanyl et la morphine. Les provinces et les associations de pharmaciens sont en train de décider ce que cela impliquera dans leur juridiction.

L’Ontario autorise ses pharmaciens à transférer, renouveler et adapter les prescriptions de substances contrôlées et à accepter une ordonnance verbale de médecins pour ce type de médicaments.

À Terre-Neuve-et-Labrador, les pharmaciens peuvent désormais transférer les ordonnances de substances contrôlées à d’autres pharmaciens de la province et les employés des pharmacies peuvent désormais livrer ces ordonnances au domicile des patients.

Des discussions récentes quant au manque d’EPI pour les pharmaciens

Dans une lettre ouverte au gouvernement fédéral datée du 18 mars, l’Association des pharmaciens du Canada a fait part de ses inquiétudes quant au manque d’EPI fourni aux pharmaciens.


« Les pharmaciens sont les prestataires de soins de santé les plus accessibles et le premier point de contact pour de nombreux Canadiens”, indique la lettre, “en particulier ceux qui souffrent de maladies chroniques et d’autres facteurs de risque qui les rendent plus vulnérables aux effets de l’infection par la COVID-19 ».


Santé Canada a déclaré à CBC News que, puisque les pharmaciens sont régis par les provinces, c’est à elles de décider si les pharmaciens peuvent bénéficier de protection.

De nombreuses provinces, dont la Nouvelle-Écosse et l’Ontario ne fournissent pas d’équipements de protection aux pharmaciens.
Mais d’autres provinces, dont le Nouveau-Brunswick et l’Alberta ont une longueur d’avance et ont commencé à fournir des EPI aux pharmaciens et aux techniciens en pharmacie avec l’aide de leurs associations provinciales de pharmaciens.